Chaumont 07
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Week-end d'ouverture...
Cette année, je n'y étais malheureusement pas...
Avis, coups de cœur et/ou coups de gueule sur cette institution du graphisme en France; dites-nous tout!
Personnellement, j'ai trouvé la programmation de cette année particulièrement riche. Les expositions étaient vraiment très impressionnantes, notamment celle de Paul Rand (hallucinante!!) et celle du hollandais Richard Niessen présentant un scénographie et une expo étonnante et très riche dans une chapelle des Jésuites sur mesure. Le projet d'Etienne Hervy et de Vanina Pinter, 'impressions françaises' était et est une très bonne initiative selon moi, elle permet de découvrir ou de redécouvrir un véritable paysage du design graphique français dans un lieu adapté à ce genre d'intervention (modeste et très vaste).
Petite déception, l'absence de soirée organisée par la ville ou le festival. Tous ceux qui sont déjà allez visiter cette belle ville de Chaumont un week end de festival sait que l'on peut jouir d'une démentielle soirée electro Vjing qui réunie pas mal de monde (étudiants et pros), et bien cette année nada!!! Le festival (ou la ville) à peut être voulu favoriser une animation plus familiale en mettant en place un spectacle de théâtre de rue place de l'hôtel de ville. Résultat, une vague de jeunes et de moins jeunes à la recherche d'un lieu pour partager une fête commune. Je pense que cette année, la ville de Chaumont s'est endormie samedi soir beaucoup plus tôt que d'habitude...
Le festival ne fait que commencer et j'invite toutes les personnes en rapport de près (ou de moins près) avec l'univers du design graphique à aller y faire un saut car les expositions valent vraiment le détour.
Quelques images signées
Denis Lecoq ici :
Ink-magazine - Chaumont 07
- Bilan mitigé mais heureux d'avoir participer . . . . AdrienZammit
Nul doute que Chaumont est la mecque du graphisme le temps du festival. D'ailleurs on compte 18 morts piétinés sous une foule énorme au moment sacré du laché de corde au pot-champagne de la remise des prix (à ne pas confondre avec la remise des prix elle-même) aux Subsistances.
Pour ce qui est du contenu même, je n'ai pas été aussi enthousiaste que mon homologue (ci-dessus). L'exposition de Paul Rand est géniale, remettre en lumière ce travail graphique colossal et fondé sur une exigence exemplaire, c'est faire un bon pied de nez à l'excitation graphique ambiante, qui dévalorise, je pense, l'importance du graphisme dans notre environnement au profit de dérives 'baroques' (comme dirait Wlassikoff) ou plus simplement futile ou égocentrique.
C'est avec l'élite de ce baroque là que l'on a rendez-vous au Garage avec les productions de 'jeunes' studios et créateurs français. Il me faut avouer que nombre de pièce exposées sont d'une richesse formidable, montre une grande maîtrise et apporte du plaisir à nos pupilles. Cependant, si le graphisme devait être une religion monothéiste j'espererais que l'on ait meilleur dieu que M/M.
Quand à Richard Niessen, vous m'excuserez mais derrière l'exubérance de tout le decorum il ne m'en est rien resté. La scénographie a ceci d'originale qu'elle dévalorise les travaux, mettant le paquet sur la personnalité esthétique de Niessen mais ne nous parlant plus du tout de graphisme.
Mais voilà ce que je reprocherai plus largement à Chaumont et à ses participants : ne pouvoir apprécier l'affiche seulement dans un lieu d'exposition précis et anesthésié de tout mouvement urbain c'est, je pense, célébrer sa mort. Cette année, aucune affiche sur les murs de la ville, les gagnants des concours d'affiches ne voient pas leurs images produites et d'ailleurs, tout ce boulot 'citoyen' et important (concours étudiant sur le réchauffement climatique cette année), n'existe pas autre part que dans notre petite communauté de graphiste.
Pour nous, étudiants et graphistes, l'étape chaumontaise est presque un impératif. Pour les vrais gens, cela ne rime à rien. Bien sûr, j'espère que nombres d'entre nous pourront progresser et améliorer leur propre travail suite à ces rencontres visuelles formidables, et que de cela, dans un second temps, ce seront les vrais gens qui en profiteront!
P.S. J'ai eu la chance de participer au workshop et cette expérience est géniale, un temps rare pour se consacrer à un travail exigent et s'ouvrir à des étudiants venants du monde entier. Tout ce qu'ils le peuvent doivent le faire! Pour ceux que cela intéresse, je publie sur mon blog mon travail effectué là-bas et d'autres choses vues
par là).
- Esprit de Benjamin, sort de cette affiche! . . . . NicolasM
En attendant d'en voir plus, je n'ai pu m'empêcher de reluquer
les affiches des lauréats étudiants... Comme toujours, un bilan contreversé, mais plutôt moins que les quelques années précédentes je pense. Bravo à Fred' Tacer (décidemment, y'a que d'la crème sur quoifairederien! ;)... Quant à l'affiche lauréate, elle n'est pas sans rappeler le troisième
prix d'il y a deux ans et dont l'auteur, Benjamin Debayle, se cache ici sous le nom de
AktKhat... Un peu de dérision ne peut pas faire de mal!
Bon, je tenais aussi à donner mon avis sur Chaumont et le festival de cette année. (pour ce que ça vaudra) (J’évite de relire les articles précédents et tente de livrer
une impression subjective et personnelle. Il s’agit avant tout d’un regard de l’intérieur : j’ai passé la semaine entière à Chaumont, ai particpé à l’exposition Paul Rand et donc cotoyé l’organisation du festival d’assez près.)
C’est la troisième fois que je me rends à Chaumont.
C’est la meilleure édition que j’ai vue. A l’image du catalogue, le festival a la volonté d’élargir sa proposition : il ne s’agit plus d’un simple résultat d’une compétition d’affiches. D’ailleurs, seuls les absents et perdants s’intéresseront au palmarès. L’intérêt est d’y participer (demandez à Dez, comme il est fier d’être dans le catalogue, pour la poster-ité) !!! Ainsi, toutes les critiques concernant cet aspect du festival sont hors de propos.
On peut lire ici et là que
les sujets du concours étudiant sont osolètes, ringards, contre-productifs, etc. C’est faire alors preuve de mauvaise foi. Les sujets – d’intérêt public – sont un prétexte à la réflexion intellectuelle et la production d’un message visuel. Il suffit de vérifier le contenu des sujets de diplôme des étudiants (lorsqu’ils le choisissent délibérement) pour se rendre compte qu’un graphiste, lorsqu’il a le choix, s’inscrit dans des territoires publics, humanistes, contestataires, utopiques, engagés, etc. Ce n’est donc pas renier la vocation du graphiste et son rapport à la commande (qu’elle soit privée, culturelle, industrielle, ludique, commerciale, etc.) que de proposer à une réflexion large, consensuelle et d’intérêt public. Et s’il y a bien une chose que ce festival m’a appris (merci Paul Rand) c’est que peu importe la commande, le graphiste doit pouvoir répondre à tout et avec la même énergie intellectuelle et graphique ! (et puis je vois pas très bien quel pourrait être le genre de sujets à donner à un panel international d’étudiants… j’attends les propositions ???)
D’une manière générale, la qualité des expositions (sujet, scénographie), cette année, est d’une grande richesse. Je vais m’attarder sur
Impressions françaises. D’une part ce lieu – le Garage – semble très difficle à occuper (contrairement aux Silos ;-) et les conditions de mise en place ont beaucoup freiné sa bonne préparation. Le résultat, une fois l’espace habité de ses visiteurs, est très concluant. Le manque de hierarchie et/ou signalisation géographique participe à une impression générale de profusion et de production. L’intérêt est porté sur la commande (les cartels ont, sur ce point, un vrai rôle d’explication) et non sur les appartenances graphiques. C’est le visiteur qui trie et s’attarde sur ce qui lui porte intérêt. La balade peut donc être longue, courte : l’espace permet la liberté et la subjectivité. On se dirige facilement sur ce qui nous séduit (rapport commun et évident du spectateur avec l’objet graphique). Cet ensemble me laisse donc une bonne “impression” malgré les défaillances assumées d’occupation étalée. Enfin, je pense que le
Salon de la petite édition permet, justement, d’élargir la vision de la pratique graphique, en France, avec, comme toujours, beaucoup de choses à voir et à découvrir. Une sorte d’antithèse associative et généreuse. (En plus le magazine Ink était vachement bien, ;-)
L’exposition de
Richard Niessen est très intéressante. Ce fut, pour moi, une belle “expérience” à “vivre” dans un espace maîtrisé (on oublie complétement le lieu (Chapelle) pour plonger dans l’univers du graphiste). Le travail de Niessen est remarquable, je vous invite à découvrir ces travaux d’édition pour comprendre l’intérêt de son travail de “maçonnerie typographique”. J’ai trouvé cette expo suffisament énigmatique pour être stimulante.
Concernant, l’exposition
Paul Rand, il m’est difficile d’apporter un avis critique (Pierre Bernard en est le commissaire et scénographe, je l’ai assisté dans sa mise en forme) tant son élaboration m’a parue évidente et limpide : le travail de Paul Rand est immense (qualitativement et quantitativement) et donc aisément traitable. L’intérêt, je crois, a été de diviser l’espace en deux (théorie/pratique) en proposant une vision globale de son apport à l’histoire des signes et du graphisme. De plus, c’est la première fois que son ouvrage majeur,
A designer’s art, est traduit. Le week-end d’inauguration, j’ai vu des dizaines de visiteurs prendre en photo les traductions de ces textes. Cette exposition est surtout le moyen de montrer comment allier le discours à l’action (une belle leçon de communication de projet) !!! C’est très intéressant de lire un praticien apporter un regard et une critique sur son tavail et sur l’histoire de sa pratique. (merci l’an 2000 et internet de nous offrir à nous ce genre de tribune à partager)
Enfin, je souhaiterai revenir sur
l’intérêt premier de ce festival qui est de permettre aux différents acteurs de cette profession/pratique de se rencontrer et d’échanger. L’énergie et l’émulation qui se dégagent chaque année de cet événement est une vraie chance pour tous (étudiants, professionnels, jeunes, moins jeunes, chaumontais, surpris, aigris, blasés, etc.) et permet son humanisation (personnification) ! Ne manque plus, au Festival, d’organiser une vraie fête digne de ce nom qu’on puisse aller danser et boire toute la nuit !!!
- Étudiants, tous à Chaumont? . . . . NicolasM
On peut le croire, vu l'affluence de jeunes gens qui gagnent la ville durant le week-end d'ouverture du festival... Ceux qui connaissent ce petit coin de la hte-marne savent qu'il n'en est rien le reste de l'année. Les thèmes, il est vrai souvent critiqués, du concours, font pourtant toujours autant recette. Je pense avec un petit peu de recul que, pour en avoir traités un ou deux, ces thèmes sont assez fédérateurs. Toutefois, je ne minimiserai pas l'importance du palmarès et du message qu'il peut faire passer à quelques étudiants parfois bien jeunes, sur une vision du graphisme qui peut-être assimilée, vu l'ampleur de la manifestation, à une vision de 'référence'. Le beau 'petit jury' de ce concours sucite forcément des attentes...
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